Pour une maison ancienne, les frais de notaire représentent entre 7 % et 8 % du prix d'achat, un poids que beaucoup d'acheteurs découvrent trop tard dans leur plan de financement. Pour une maison à Rennes autour de 350 000 euros, cela représente environ 26 000 euros à prévoir en plus du prix affiché. Ce guide détaille ce que recouvrent réellement ces frais, la différence entre l'ancien et le neuf, et surtout des exemples de calcul réels pour cinq villes bretonnes, à partir des prix au m² déjà publiés sur nos fiches villes.
Sommaire de l'article
- Ce que recouvrent réellement les frais de notaire
- Le taux dans l'ancien et dans le neuf
- Comment se calculent les émoluments du notaire
- Exemples de calcul par ville en Bretagne
- Qui paie les frais de notaire
- Anticiper ces frais dans son financement
- Frais de notaire et frais d'agence : la différence
- Questions fréquentes
Ce que recouvrent réellement les frais de notaire
Le terme frais de notaire est trompeur : la rémunération du notaire lui-même ne représente qu'une petite partie de la somme demandée. Ces frais se décomposent en trois blocs bien distincts, que le notaire reverse pour l'essentiel à l'État et aux collectivités locales.
- Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), aussi appelés « droits d'enregistrement », versés au département, à la commune et à l'État. C'est le poste le plus lourd, environ 70 à 80 % du total dans l'ancien.
- Les émoluments du notaire, sa rémunération proprement dite, fixée par un barème réglementé et non librement négociable dans son principe.
- Les débours, des sommes que le notaire avance pour le compte de l'acheteur afin d'obtenir les documents nécessaires à la vente : extrait cadastral, état hypothécaire, copies d'actes.
Selon notaires.fr, le site officiel du Conseil supérieur du notariat, environ 80 % du montant total correspond à des taxes reversées à l'État et aux collectivités, la rémunération réelle du notaire ne pesant que 10 à 20 % de la somme demandée à l'acheteur. C'est cette structure qui explique pourquoi les frais de notaire varient si peu d'un office à l'autre : leur montant dépend d'abord de la loi, pas du professionnel choisi.
Le taux des frais de notaire dans l'ancien et dans le neuf
Le taux global des frais de notaire dépend avant tout de l'ancienneté du bien acheté. Cette distinction change fortement le budget à prévoir, parfois du simple au triple en proportion du prix.
Dans l'ancien, c'est-à-dire pour un logement déjà habité depuis plus de cinq ans, les frais de notaire s'établissent entre 7 % et 8 % du prix de vente, d'après notaires.fr. Les droits de mutation y sont fixés, dans la majorité des départements, à un taux global d'environ 5,80 % du prix. Une loi de finances a autorisé, entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028, une hausse temporaire de la part départementale de ces droits pouvant aller jusqu'à 0,5 point supplémentaire, portant le taux global au-delà de 6 % dans les départements qui ont voté cette hausse. Il est donc utile de vérifier le taux exact appliqué par votre département au moment de l'achat.
Dans le neuf, c'est-à-dire pour un logement vendu en l'état futur d'achèvement ou achevé depuis moins de cinq ans et jamais habité, les droits de mutation sont réduits à 0,715 % seulement. Le total des frais de notaire tombe alors à 2 % à 3 % du prix, toujours selon la même source. Cette différence explique en partie pourquoi certains acheteurs arbitrent en faveur d'un programme neuf malgré un prix au m² souvent plus élevé qu'un bien ancien comparable.
Comment se calculent les émoluments du notaire
Les émoluments proportionnels du notaire suivent un barème dégressif par tranches de prix, fixé par arrêté et appliqué de façon identique par tous les offices notariaux de France. Plus le prix du bien augmente, plus le taux appliqué à la tranche supérieure diminue.
Ces émoluments sont ensuite soumis à la TVA au taux de 20 %. Depuis un décret de 2020, le notaire dispose de la possibilité, mais pas de l'obligation, d'accorder une remise pouvant atteindre 20 % sur la part de ses émoluments proportionnels calculée au-delà de 100 000 euros de prix de vente. Cette marge de négociation reste limitée : elle ne porte que sur la rémunération du notaire, jamais sur les droits de mutation, qui restent fixes quel que soit l'office choisi.
Exemples de calcul par ville en Bretagne
Plutôt qu'un exemple national abstrait, voici ce que représentent concrètement les frais de notaire pour l'achat d'une maison ancienne de 90 m², taille courante pour un achat familial, dans cinq villes bretonnes. Les prix au m² utilisés sont ceux déjà publiés sur nos fiches villes, calculés à partir des prix moyens constatés pour une maison individuelle en 2026. Le taux retenu est de 7,5 %, une moyenne indicative dans la fourchette de 7 à 8 % applicable dans l'ancien ; le taux exact varie selon le département.
Sources des prix au m² : fiches villes Breizh Gestion, prix moyens 2026 pour une maison individuelle. Calcul des frais de notaire à titre indicatif, taux de 7,5 % dans l'ancien.
L'écart est net : à surface égale, les frais de notaire à Saint-Malo dépassent de plus de 18 000 euros ceux de Brest, uniquement parce que le prix au m² y est près de deux fois plus élevé. Avant de fixer un budget définitif, il reste utile de vérifier le prix réel des dernières ventes comparables dans le quartier visé, ce que permet la base DVF des transactions immobilières, plutôt que de se fier uniquement à une moyenne communale.
Qui paie les frais de notaire ?
C'est toujours l'acheteur qui règle les frais de notaire, jamais le vendeur, sauf clause contraire expressément négociée entre les parties, ce qui reste rare en pratique. Le montant est demandé en plus du prix de vente, généralement via une provision versée au moment de la signature du compromis, puis ajustée lors de l'acte définitif.
Une fois la vente signée, le notaire reverse rapidement les droits de mutation au Trésor Public. Un éventuel trop-perçu, la provision initiale étant souvent légèrement supérieure au montant réel, est restitué à l'acheteur dans les semaines suivant la signature, un point que beaucoup de primo-accédants ignorent et qu'il vaut mieux anticiper dans son suivi budgétaire.
Comment anticiper les frais de notaire dans son financement
Les frais de notaire font partie des rares dépenses qu'une banque finance rarement en totalité lors d'un crédit immobilier classique. La plupart des établissements exigent un apport personnel couvrant a minima ces frais dits « annexes », ce qui signifie qu'un acheteur sans apport doit souvent revoir son projet à la baisse ou négocier un prêt à 110 % dans un dossier particulièrement solide.
- Intégrez les frais de notaire dans votre budget global dès la simulation, pas seulement le prix affiché du bien.
- Demandez au notaire une simulation précise avant la signature du compromis : le taux exact dépend du département et de la nature du bien.
- Comparez plusieurs offres de crédit immobilier pour vérifier si l'apport exigé couvre déjà ces frais annexes ou s'il faudra les financer séparément.
- Gardez une marge de sécurité : les débours réels peuvent légèrement varier du montant provisionné initialement.
Pour un projet d'investissement plutôt que de résidence principale, ces mêmes frais réduisent mécaniquement le rendement locatif brut la première année. Ils méritent d'être intégrés dès le calcul de rentabilité, avant même de comparer plusieurs biens entre eux.
Frais de notaire et frais d'agence : quelle différence ?
Ces deux postes sont souvent confondus par les primo-accédants, alors qu'ils n'ont rien à voir. Les frais de notaire sont fixés par la loi et versés majoritairement à l'État et aux collectivités locales : ils s'appliquent quel que soit le mode de vente, avec ou sans agence. Les frais d'agence, en revanche, rémunèrent l'intermédiaire immobilier qui a mis en relation vendeur et acheteur, et leur montant est librement fixé par chaque agence, généralement entre 3 % et 8 % du prix de vente.
Selon qui les prend en charge contractuellement, les frais d'agence peuvent être inclus dans le prix affiché du bien (« frais d'agence charge vendeur ») ou ajoutés au prix net vendeur (« frais d'agence charge acquéreur »). Dans ce second cas, les frais de notaire sont alors calculés uniquement sur le prix net vendeur, hors commission d'agence, ce qui peut représenter une économie non négligeable sur le montant final à régler chez le notaire.
Questions fréquentes
Sources : notaires.fr (Conseil supérieur du notariat), service-public.fr. Taux en vigueur en septembre 2026, susceptibles d'évoluer selon les départements et les lois de finances successives. Vérifiez le taux exact applicable à votre projet auprès de votre notaire.