Vous venez de repérer une maison à Lannion affichée à 245 000 euros. Le vendeur jure que c'est en dessous du marché. Comment vérifier sans payer une estimation ? La base DVF, pour Demandes de Valeurs Foncières, répond exactement à ce besoin : elle recense le prix réel de chaque vente immobilière enregistrée en France depuis 2014, accessible gratuitement à tous.
Que vous achetiez, vendiez ou cherchiez simplement à situer le prix d'un bien sur le littoral ou en centre-ville, comprendre comment fonctionne DVF Etalab et comment l'interroger vous évite de négocier à l'aveugle. Ce guide détaille le contenu de la base, sa fréquence de mise à jour et la manière de la consulter pour n'importe quelle commune bretonne.
Qu'est-ce que la base DVF ?
La base Demandes de Valeurs Foncières est publiée par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) à partir des actes de vente enregistrés par les notaires. Chaque ligne correspond à une transaction réelle : date, prix, adresse, surface et nombre de pièces. Ce n'est pas une estimation ni un indice statistique lissé, mais le prix effectivement payé, frais de notaire et d'agence exclus.
Le décret n° 2018-1350 du 28 décembre 2018 a ouvert ces données en Open Data, et la première publication a eu lieu en avril 2019 avec cinq années d'historique. La base couvre toute la France à l'exception de l'Alsace, de la Moselle et de Mayotte, où le système de publicité foncière obéit à des règles distinctes.
DVF Etalab, l'outil officiel pour consulter les ventes
Pour rendre ces fichiers exploitables sans tableur, Etalab, le département data de la Direction Interministérielle du Numérique, a développé une carte interactive : c'est ce que l'on appelle Etalab DVF. On y clique de département en commune jusqu'à atteindre la zone recherchée, puis chaque point affiché correspond à une vente.
On parle aussi souvent de DVF Gouv pour désigner la même base, simplement parce qu'elle provient du site Open Data du gouvernement. DVF Gouv et DVF Etalab renvoient donc à une seule et même source : les fichiers ne changent pas, seule l'interface de consultation diffère selon l'outil utilisé.
Que contient un fichier DVF
Les fichiers sont publiés un par an, de 2014 au dernier semestre disponible, et pèsent plusieurs centaines de mégaoctets chacun. Voici les informations principales que chaque ligne de transaction renseigne.
Comment consulter les ventes DVF commune par commune en Bretagne
Les données sont structurées commune par commune, ce qui correspond au découpage cadastral utilisé pour chaque acte de vente. Pour rechercher les ventes d'un secteur précis, comme la commune de Brest ou n'importe quelle autre ville bretonne, la démarche reste similaire d'un outil à l'autre.
- Ouvrez l'application cartographique (Etalab DVF ou une plateforme équivalente).
- Naviguez ou recherchez directement le département, puis la commune visée.
- Zoomez jusqu'à la rue ou au quartier qui vous intéresse.
- Cliquez sur un point pour afficher le détail de la transaction : date, prix, surface.
Pour situer ces prix dans le contexte régional, notre comparatif des prix immobiliers ville par ville en Bretagne donne une vue d'ensemble par grande agglomération, à croiser avec le détail transaction par transaction que livre DVF.
Pensez à affiner par type de local avant de comparer deux ventes. Une maison et un appartement vendus au même prix au m² ne racontent pas la même histoire, et les dépendances isolées (garage, cave, atelier) apparaissent parfois comme une ligne distincte de la maison elle-même dans le même acte. Vérifiez aussi le nombre de lots quand le bien fait partie d'une copropriété, un prix élevé peut simplement refléter un lot principal vendu avec plusieurs annexes.
Télécharger les fichiers DVF bruts pour une analyse plus poussée
Au-delà de la carte interactive, les fichiers source restent téléchargeables au format CSV sur le portail data.gouv.fr, un par année depuis 2014. Cette option s'adresse surtout à un investisseur qui suit plusieurs communes en parallèle ou qui souhaite croiser DVF avec d'autres données, comme les diagnostics de performance énergétique ou le zonage d'urbanisme local.
Chaque fichier annuel pèse plusieurs centaines de mégaoctets et regroupe des millions de lignes, bien au-delà de ce qu'un tableur classique peut ouvrir sans ralentir. Un import dans une base de données ou un script de traitement reste préférable dès que l'analyse porte sur plus d'une commune.
DVF Etalab face à des plateformes comme Immo Data
L'application officielle a un défaut connu : elle ne permet pas de taper directement une adresse, il faut cliquer de zoom en zoom jusqu'à la trouver. Plusieurs plateformes privées reprennent donc les mêmes fichiers publics pour proposer une recherche plus directe, c'est le cas d'Immo Data.
- Recherche par adresse : taper une rue suffit sur Immo Data, contre plusieurs clics sur la carte Etalab.
- Filtres : Immo Data permet de filtrer par type de bien ou nombre de pièces sans télécharger le fichier brut.
- Synthèse de prix : un prix moyen au m² par secteur est calculé automatiquement, ce que ne fait pas l'outil gouvernemental seul.
La recherche Immo Data DVF revient régulièrement chez les acheteurs pressés, justement parce qu'elle évite la navigation cliquée de l'outil d'Etalab. Les deux s'appuient toutefois sur exactement les mêmes données officielles, publiées par la DGFIP : Immo Data n'ajoute aucune transaction qui ne figurerait pas déjà dans DVF Gouv.
Fréquence de mise à jour des données DVF
Le gouvernement publie une mise à jour semestrielle, en avril et en octobre de chaque année. La mise à jour d'avril intègre les ventes du second semestre de l'année précédente, celle d'octobre couvre le premier semestre de l'année en cours. Selon la dernière publication d'avril 2026, les ventes sont disponibles jusqu'au 31 décembre 2025 inclus.
Ce délai de plusieurs mois s'explique par le temps nécessaire à l'enregistrement des actes par les notaires, puis à leur consolidation par la DGFIP avant publication. Une vente signée en mars n'apparaîtra donc dans DVF qu'à partir de la mise à jour d'octobre suivante, parfois plus tard si l'acte tarde à être enregistré.
DVF et Patrim, deux outils complémentaires
Avant l'ouverture de DVF en Open Data, l'accès aux transactions immobilières passait par Patrim, un service ouvert en janvier 2014 par la DGFIP et accessible sur l'espace particulier du site des impôts. Patrim exige un numéro fiscal et reste réservé à des usages précis : déclaration d'IFI, succession, donation, ou projet d'achat réel.
DVF, en revanche, ne demande aucune authentification et peut être consulté pour simple curiosité ou pour une estimation préalable à une revente. Patrim affiche en contrepartie des informations parfois plus détaillées sur certains biens, ce qui en fait un complément utile une fois le projet d'achat ou de vente confirmé. Pour affiner cette première lecture, un notaire ou un professionnel référencé dans notre annuaire d'entreprises bretonnes reste le meilleur relais pour transformer ces données brutes en estimation fiable.
Les limites de la base DVF à connaître
DVF est un outil précieux, mais il ne remplace pas une estimation professionnelle. Plusieurs limites méritent d'être gardées en tête avant de s'en servir pour négocier.
- Le prix affiché ne dit rien de l'état du bien : une maison rénovée et une maison à rafraîchir au même prix apparaîtront de façon identique.
- Les ventes très récentes, signées il y a moins de quelques mois, n'apparaissent pas encore faute de mise à jour.
- Certaines adresses sont anonymisées ou imprécises lorsque trop peu de ventes ont eu lieu dans la rue, pour protéger la confidentialité des transactions.
- Les donations et certaines successions ne figurent pas dans la base, qui se concentre sur les ventes à titre onéreux.
- Un prix élevé ou faible peut aussi venir d'une négociation atypique entre particuliers, sans que la base ne le signale.
Croiser plusieurs sources reste donc la meilleure pratique. DVF donne le prix réel, un professionnel local apporte la lecture du contexte que les chiffres seuls ne montrent jamais.
Utiliser DVF pour estimer un bien en Bretagne
Pour estimer sérieusement un bien, croisez plusieurs ventes DVF comparables, même type de logement, surface proche, même quartier, datées de moins de deux ans. Un seul point de comparaison ne suffit jamais, la dispersion des prix peut être large même dans une même rue.
Si le projet implique un emprunt, intégrez aussi le coût du crédit immobilier dans votre budget global avant de vous positionner sur un prix. Pour un projet locatif, ces mêmes données DVF permettent d'évaluer plus finement la rentabilité d'un investissement locatif en comparant le prix d'achat réel constaté à celui affiché par le vendeur.
Questions fréquentes
Source : Notaires de France, base DVF publiée par la DGFIP, données mises à jour en avril 2026 jusqu'au 31 décembre 2025 inclus. Vérifiez la date de dernière mise à jour avant toute décision, ces informations évoluent à chaque publication semestrielle.