Vous vendez un appartement locatif à Rennes, une résidence secondaire sur la côte du Finistère ou un terrain en Bretagne intérieure. Si ce bien n'est pas votre résidence principale, la plus-value immobilière réalisée est imposable. Le taux global atteint 36,2 % avant abattements : 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Des abattements progressifs pour durée de détention réduisent cette charge jusqu'à l'exonération totale.

Sur le littoral breton, les plus-values peuvent être élevées. La hausse des prix entre 2015 et 2023 sur les côtes du Morbihan, du Finistère et des Côtes-d'Armor a significativement accru la valeur des biens. Anticiper le calcul fiscal avant de mettre en vente est une étape que trop de vendeurs négligent. Consultez un notaire pour chiffrer votre situation précise.

Comment se calcule la plus-value imposable

La plus-value brute est égale au prix de cession diminué du prix d'acquisition. Le prix d'acquisition peut être majoré de plusieurs éléments : les frais d'acquisition (frais de notaire réels ou forfait de 7,5 %), les travaux réalisés (sur justificatifs ou forfait de 15 % si le bien est détenu depuis plus de 5 ans), et les frais de voirie et de viabilisation pour les terrains.

Le prix de cession retenu est le prix net vendeur, après déduction des frais supportés par le vendeur (diagnostics, commission d'agence si à la charge du vendeur selon le mandat). Les deux prix sont ceux mentionnés dans l'acte authentique signé chez le notaire. C'est le notaire chargé de la vente qui calcule et prélève l'impôt sur la plus-value directement lors de la transaction.

Durée de détentionAbattement IR (19 %)Abattement PS (17,2 %)
Moins de 6 ans0 %0 %
De 6 à 21 ans6 % par an1,65 % par an
22e année4 % (exonération totale IR)1,60 %
De 23 à 30 ansExonéré9 % par an
Au-delà de 30 ansExonéréExonéré

L'exonération de la résidence principale

La vente de votre résidence principale est exonérée de plus-value, quelle que soit la durée de détention et quel que soit le montant du gain. C'est l'exonération la plus large du régime. La condition est que le bien soit effectivement votre résidence habituelle et permanente à la date de la cession. Une résidence secondaire, même occupée fréquemment, n'y a pas droit.

En cas de déménagement avant la vente, l'administration fiscale admet que le bien reste la résidence principale si la mise en vente est rapide et que le logement n'a pas été loué entre le départ et la vente. Le délai toléré est en principe d'un an, mais il peut être apprécié plus souplement selon les circonstances. Un notaire vous confirmera les conditions exactes.

  • Résidence principale : exonération totale, sans condition de durée.
  • Première vente d'un logement autre que la résidence principale : exonération possible si le produit est réemployé dans l'achat d'une résidence principale dans les 24 mois.
  • Cession par un retraité ou invalide sous conditions de revenus : exonération totale si les revenus ne dépassent pas certains plafonds.
  • Biens détenus depuis plus de 30 ans : exonération totale des prélèvements sociaux et de l'IR.

Cas des résidences secondaires côtières bretonnes

Les maisons de vacances sur le littoral breton constituent un cas fréquent de plus-value taxable. Achetées parfois il y a plusieurs décennies dans des secteurs depuis très valorisés (presqu'île de Quiberon, golfe du Morbihan, pays bigouden, côte de Granit Rose) leur revente génère des gains bruts importants.

Une maison achetée 100 000 € en 2000 et revendue 320 000 € en 2026 génère une plus-value brute de 220 000 €, majorée des travaux et frais d'acquisition. Après 26 ans de détention, l'IR est totalement exonéré. Les prélèvements sociaux, eux, s'appliquent encore sur une assiette réduite par les abattements de la tranche 23-30 ans. Le calcul précis varie selon la date d'achat exacte : faites-le avec votre notaire avant de signer le mandat de vente.

La surtaxe sur les plus-values élevées

Une taxe complémentaire s'applique aux plus-values nettes taxables supérieures à 50 000 €, après abattements pour durée de détention. Son taux varie de 2 % à 6 % selon le montant de la plus-value nette. Elle s'ajoute aux 19 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Cette surtaxe concerne principalement les cessions de résidences secondaires ou de terrains à bâtir générant des gains nets importants. Sur le littoral breton, elle peut s'appliquer même après plusieurs années de détention si le bien a été acheté récemment dans un marché haussier. Calculez-la avant de fixer votre prix net vendeur.

Cas particuliers : terrains à bâtir, LMNP, SCI

La cession d'un terrain à bâtir suit le régime général des plus-values immobilières, avec les mêmes abattements pour durée de détention. La TVA peut s'appliquer selon la qualité du cédant et la nature du terrain. En Bretagne, les terrains en zone littorale ou en zone de développement économique peuvent faire l'objet de demandes spécifiques.

Pour les biens détenus en statut de loueur en meublé non professionnel, la cession relève du régime des plus-values des particuliers (et non des plus-values professionnelles), à condition de rester dans les seuils LMNP. C'est un avantage notable du statut par rapport au LMP. Pour les biens détenus en société civile immobilière soumise à l'IR, chaque associé est imposé sur sa quote-part de plus-value selon les règles des particuliers.

Pour les questions de transmission du patrimoine avant la vente, consultez notre article sur la succession immobilière en Bretagne.

Source : impots.gouv.fr, les abattements et taux sont ceux du régime en vigueur. Consultez un notaire ou un conseiller fiscal pour le calcul exact de votre situation.

Rédigé par Orlane B.
Mis à jour le 30 juin 2026 · Voir son profil LinkedIn
← Retour à Achat, Vente & Investissement
Partager : Facebook X LinkedIn