Le radon en Bretagne est un gaz radioactif naturel, incolore et inodore, qui s'échappe du sous-sol et peut s'accumuler dans les logements mal ventilés. Il provient de la désintégration de l'uranium présent dans certaines roches, en particulier le granite, très répandu dans le massif armoricain qui couvre la majeure partie de la région. Selon la cartographie établie par l'IRSN et l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), les formations granitiques comme le massif armoricain figurent parmi les zones à potentiel radon le plus élevé du territoire français. Ce guide explique d'où vient ce gaz, pourquoi le sous-sol breton y est particulièrement exposé, comment savoir si votre logement est concerné, et quelles solutions existent pour réduire son taux.

Sommaire de l'article
  1. Qu'est-ce que le radon et d'où vient-il ?
  2. Pourquoi le sous-sol breton favorise sa présence
  3. Comment savoir si votre logement est exposé
  4. Solutions pour réduire le taux de radon
  5. Cadre réglementaire : diagnostics et vente immobilière
  6. Questions fréquentes

Qu'est-ce que le radon et d'où vient-il ?

Le radon est un gaz noble radioactif issu de la désintégration naturelle de l'uranium et du radium contenus dans les roches et les sols. Invisible et sans odeur, il ne peut être détecté par les sens : seule une mesure avec un appareil dédié permet de connaître sa concentration dans l'air. Il s'exhale en permanence du sol et se dilue normalement sans danger à l'air libre. Le problème survient lorsqu'il pénètre dans un espace clos, comme une cave, un vide sanitaire ou un rez-de-chaussée mal ventilé, où il peut s'accumuler à des concentrations plus élevées.

Le radon est classé cancérogène certain pour le poumon par le Centre international de recherche sur le cancer depuis 1987, selon les données publiées par l'ASNR. En France, environ 3 000 décès par cancer du poumon seraient attribuables chaque année à l'exposition domestique au radon, ce qui en ferait la deuxième cause de mortalité par cancer du poumon après le tabac, et le radon jouerait un rôle dans environ 10 % des cas de cancer du poumon selon les mêmes sources. Ces chiffres proviennent directement de la page de référence de l'ASNR sur les enjeux du radon, l'autorité française de référence sur le sujet. Le risque n'est donc pas un signal ponctuel d'inconfort mais une question de santé publique de long terme, liée à une exposition cumulée sur des années.

Pourquoi le sous-sol breton favorise sa présence

La Bretagne repose en grande partie sur le massif armoricain, un socle géologique ancien composé de granite et d'autres roches magmatiques riches en uranium. C'est justement ce type de formation que l'ASNR cite explicitement parmi les sous-sols à potentiel radon élevé, aux côtés du massif central et de la Guyane française, dans sa cartographie du potentiel radon par commune. Cette cartographie classe chaque commune française en trois catégories, de la plus faible à la plus forte concentration en uranium dans les formations géologiques locales.

Concrètement, cela signifie qu'un grand nombre de communes bretonnes, dans les quatre départements, se situent dans les catégories intermédiaire et élevée de cette classification, en raison directe de la nature granitique du sous-sol régional. Ce n'est pas une exposition uniforme : elle varie selon la géologie précise de chaque secteur, la présence de failles, et les caractéristiques du bâti local. Les maisons construites directement sur un vide sanitaire fermé ou sur une cave enterrée, très courantes dans l'habitat ancien breton, sont structurellement plus exposées que les constructions sur dalle ventilée. Ce même terrain granitique, par ailleurs, est aussi une des raisons pour lesquelles l'humidité ascensionnelle est fréquente dans le bâti ancien, un phénomène qui favorise également le développement de la mérule, un autre risque invisible du bâti breton qui prospère dans les mêmes conditions d'humidité et de confinement.

À titre d'illustration régionale, des villes comme Quimper ou Pontivy, situées sur des terrains à dominante granitique du centre et de l'ouest breton, comptent parmi les secteurs où la vérification du potentiel radon communal est particulièrement pertinente avant un achat ou une rénovation. Consultez toujours la cartographie officielle pour la commune précise qui vous concerne : elle seule fait référence.

Comment savoir si votre logement est exposé

Deux étapes permettent de savoir si votre logement breton est concerné par le radon : consulter la cartographie de potentiel radon de votre commune, puis, si le potentiel est avéré ou en cas de doute, effectuer une mesure directe dans le logement. La cartographie seule ne suffit jamais à conclure sur un logement précis : deux maisons voisines peuvent présenter des concentrations différentes selon leur mode de construction, leur ventilation et l'état de leurs fondations. Un logement ancien en granit, mal isolé et rarement aéré en hiver, présente statistiquement plus de risques qu'une construction récente équipée d'une ventilation mécanique performante, même dans une même commune classée en catégorie élevée.

La cartographie IRSN et ASNR par commune

La cartographie officielle du potentiel radon, consultable sur le site de l'ASNR (ex-IRSN), indique à quelle catégorie appartient chaque commune française. Elle est également accessible via le portail régional Bretagne Environnement, qui reprend ces données à l'échelle des communes bretonnes. Cette carte est un point de départ utile avant un achat immobilier, en complément des autres vérifications de risques naturels à faire avant d'acheter en Bretagne.

Le dosimètre, seule mesure fiable

Un détecteur radon, ou dosimètre, reste le seul moyen fiable de connaître la concentration réelle dans un logement donné. Il s'agit d'un petit boîtier passif que l'on place plusieurs semaines dans les pièces de vie situées au niveau le plus bas du logement, période recommandée pour lisser les variations saisonnières et météorologiques qui influencent naturellement la concentration mesurée. Certains modèles électroniques donnent une lecture plus rapide mais moins représentative dans la durée. Les kits de mesure sont disponibles auprès de laboratoires spécialisés ou de certains organismes de santé environnementale ; l'Agence régionale de santé de Bretagne informe notamment sur cette démarche sur sa page dédiée au radon.

Solutions pour réduire le taux de radon dans votre logement

Une fois un taux de radon anormal identifié, plusieurs actions concrètes permettent de le réduire, du geste simple à la solution technique plus lourde. L'objectif commun est de limiter l'entrée du gaz depuis le sol et de favoriser son évacuation par un renouvellement d'air suffisant.

  • Aération quotidienne : ouvrir les fenêtres, même brièvement chaque jour, dans les pièces situées au niveau du sol ou en sous-sol, reste le geste le plus simple et le plus efficace à coût nul.
  • Amélioration de la ventilation mécanique : une VMC en bon état de fonctionnement, correctement dimensionnée et entretenue, contribue à renouveler l'air intérieur et à diluer la concentration de radon. Le sujet rejoint directement les enjeux traités dans notre guide sur l'isolation des logements bretons, où ventilation et étanchéité doivent être pensées ensemble pour éviter tout effet indésirable.
  • Étanchéité du sol et des jonctions : colmater les fissures du dallage, les passages de canalisations et les jonctions entre murs et sol au niveau du vide sanitaire ou de la cave limite les points d'entrée du gaz depuis le sous-sol.
  • Ventilation du vide sanitaire : un vide sanitaire fermé ou mal aéré favorise l'accumulation du radon avant qu'il ne remonte dans les pièces habitées ; l'aérer correctement réduit ce phénomène à la source.
  • Système de dépressurisation du sol : dans les cas de concentration élevée persistante malgré les mesures précédentes, un professionnel peut installer un dispositif de mise en dépression sous la dalle, qui capte le radon avant qu'il n'entre dans le logement et l'évacue vers l'extérieur.

Ces travaux touchent souvent à la structure du bâti, ce qui implique de faire appel à des professionnels qualifiés. Si des travaux de gros œuvre sont nécessaires, vérifiez systématiquement que l'entreprise dispose d'une assurance décennale valide avant de signer un devis, notamment pour toute intervention touchant aux fondations ou à l'étanchéité du sol.

Cadre réglementaire : diagnostics et vente immobilière

En France, les autorités ont retenu une valeur de référence de 300 Bq/m³ en moyenne annuelle, définie notamment par le décret n° 2018-437 du 4 juin 2018 et applicable aux établissements recevant du public et aux lieux de travail, selon la foire aux questions officielle de l'ASNR sur le mesurage du radon. Pour les habitations privées, il n'existe pas de réglementation spécifique imposant un seuil ou un diagnostic obligatoire : l'ASNR précise elle-même que ce niveau de 300 Bq/m³, fixé pour les lieux ouverts au public, est généralement pris comme valeur de référence par analogie pour les logements.

Il n'existe pas non plus, à ce jour, de diagnostic radon obligatoire dans le dossier de diagnostics techniques lors d'une vente immobilière en Bretagne, contrairement au diagnostic de performance énergétique ou à l'état des risques naturels. Certaines zones à potentiel radon élevé peuvent néanmoins faire l'objet d'obligations spécifiques dans certains types de bâtiments recevant du public. Pour connaître le détail exact des obligations applicables à votre situation, qu'il s'agisse d'une vente, d'une location ou d'un établissement recevant du public, consultez la fiche officielle sur service-public.fr ou rapprochez-vous d'un notaire pour votre commune précise. Dans l'attente d'une éventuelle évolution réglementaire, la prudence reste la meilleure approche pour tout acheteur ou propriétaire d'un bien ancien en zone granitique bretonne.

Sources : ASNR, pourquoi se préoccuper du radon · ASNR, cartographie du potentiel radon par commune · ASNR, FAQ mesurage du radon · Bretagne Environnement, potentiel radon par commune. Consultez un professionnel pour votre situation.

Questions fréquentes sur le radon en Bretagne

Le radon est classé cancérigène certain pour le poumon par le Centre international de recherche sur le cancer depuis 1987. En Bretagne, le sous-sol granitique du massif armoricain favorise son exhalation, ce qui rend la vigilance particulièrement pertinente dans les logements mal ventilés ou construits sur vide sanitaire fermé.

L'IRSN et l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection publient une cartographie du potentiel radon par commune, classée en trois catégories. La quasi-totalité du Finistère et une large partie des autres départements bretons se situent en catégorie 2 ou 3, en raison du massif armoricain granitique.

Les solutions principales sont l'aération régulière des pièces, l'amélioration de la ventilation (VMC), l'étanchéité du sol et des jonctions entre le sous-sol et les pièces habitées, et dans les cas les plus marqués, la pose d'un système de dépressurisation du sol sous la dalle. Un simple dosimètre permet de mesurer le taux avant d'agir.

Rédigé par Paul H.
Publié le 4 septembre 2026 · Voir son profil LinkedIn
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